Stiglitz (2006) évoque la stabilité financière mondiale telle un bien public au même titre que l’aide humanitaire ou la stabilité politique. Or ladite stabilité a disparu en 2008, à la suite de la crise des subprimes qui ne fut, au demeurant, qu’un des éléments d’une crise multiple plus profonde. La crise — encore actuelle mais aux dimensions, aux contours et aux conséquences inédites et multiples — est une crise de modèle, celui du capitalisme hyperfinanciarisé (Epstein 2005, Krippner 2005). Il convient désormais de revisiter les différentes formes de capitalismes (Boyer 2002) pour revenir, peut-être, vers ce qu’Albert (1991) appelait capitalisme rhénan ou familial. De facto, la finance doit redevenir un moyen de développement des richesses, en étant remise au service de l’économie et de la société. Aussi sans qu’il soit possible à ce jour de penser totalement la finance comme un bien commun au sens d’Ostrom (1990), il convient de l’aider à dépasser la dimension individualiste pour remettre l’intérêt général au centre des préoccupations des acteurs pour le bien-être de tous (Rawls 1971).

Catherine Karyotis, docteur en Sciences de gestion, HDR, est professeur de finance à Neoma Business School, responsable du Mastère Spécialisé Analyse Financière Internationale du campus de Reims.

Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages en banque et finance, ainsi que d’articles professionnels et académiques. Ses recherches portent sur l’efficience et la gouvernance des systèmes financiers. Elle dénonce l’hyperfinanciarisation des économies et questionne en conséquence le besoin de remettre la finance au service de l’économie et de la société.

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