Notre petite république a donc tenu ses assises fondatrices du 8 au 15 septembre 2016 à Cerisy pour débattre des questions qui l’animent. Toutes tournent autour des notions conjointes de Communs et de Biens Communs. Comment donner des contenus précis à ces notions ? Quelles pratiques recouvrent-elles ? Comment favoriser leur essor ?

Des exposés et des débats souvent passionnés ont montré à la fois la richesse des questions que soulève l’analyse des communs, mais aussi la capacité formidable de ce thème à renouveler nos manières de penser.

Quels antécédents pour les Communs dans l’histoire ? Depuis les « enclosures » anglaises, comment et pourquoi certains communs fonciers sont parvenus à survivre – avant que la révolution numérique avec des encyclopédies en ligne (Wikipedia) ou des logiciels libres (Linux), leur donne une nouvelle vigueur et un nouvel avenir.

Comment « gouverner » les communs ? Quelles communautés se constituent derrière les jardins partagés où les plateformes de co-voiturage ? Quels modèles économiques sont à eux même d’assurer leur existence et développement à long terme ?

Des points d’accords solides ont émergé. Ainsi tous s’accordent pour considérer que les communs sont une aubaine et un moyen de revitaliser les formes traditionnelles du coopérativisme et de l’économie sociale et solidaire. Aussi, l’idée que les communs, avec les pratiques de partage qui sont en leur centre, sont à même de réinterroger en profondeur les concepts classiques de propriété – que celle ci concerne des biens privés ou des biens publics …. – s’est trouvée largement confortée. Pour autant de nombreuses questions n’ont pu qu’être posées et continuent de tourner dans la tête des participants

Et sans doute est-ce là le succès majeur de ces rencontres. Avoir confirmé « en commun » au cours de nos échanges qu’un vaste programme de recherche s’ouvre devant nous. Une autre satisfaction est constituée par la validation de la méthode employée : faire alterner éclairages historiques, approches juridiques et travaux d’économistes avec des présentations et études de cas proposées par des acteurs engagés dans la production ou l’animation de communs, a montré toute le fertilité de ces regards croisés. L’association La Coop des Communs à l’origine de ces rencontres se trouve ainsi confortée dans son projet de contribuer à rapprocher et faire dialoguer ces différentes cultures

Enfin last but not least, procéder à ces échanges dans le cadre enchanteur de Cerisy, faire entrer les communs à Cerisy et Cerisy dans les communs, a été pour tous les participants la source d’une grande joie et d’une grande fierté.

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